effets de la lecture rapide

Les effets de la lecture rapide et l’écoute rapide

Le chercheur et membre fondateur du Réseau national de la science pour l’éducation, Augusto Buchweitz, le chercheur en psychologie et neuroscience, Robert Mason, l’associé de recherche, Gayane Meschyan, le chercheur scientifique, Timothy Keller et le professeur de neuroscience cognitive, Marcel Adam Just se sont penchés sur l’activité corticale lors de la lecture rapide et de l’écoute rapide.

Ils nous présentent ici plusieurs résultats d’études scientifiques menées par les chercheurs Graesser, Singer, Trabasso, Kintsch, Dijk, Long, Prat, Wilson, Hurley, Bartlett, Bransford, Johnson, Carpenter, McLaughlin, Taylor, Fujimaki, Hayakawa, Munetsuna et Sasaki.

Afin de rendre l’étude accessible à un grand nombre de personnes, nous avons fait le choix de traduire le texte en langue française.

 

Extrait


L’activation cérébrale associée à une compréhension normale et rapide de textes d’exposition sur des sujets familiers et non familiers a été étudiée en lecture et en écoute.

L’objectif était de déterminer comment l’activation cérébrale et les processus de compréhension qu’elle reflète sont modulés par la vitesse de compréhension et la familiarité avec le sujet. Les passages sur des sujets plus familiers ont activé de manière différenciée un ensemble de zones dans le lobe temporal antérieur et le gyrus frontal médial. Ce sont des zones souvent associées à des processus d’intégration au niveau du texte, que nous interprétons comme reflétant l’intégration des connaissances antérieures avec le contenu du passage.

Les passages présentés lors de la présentation plus rapide (en mode lecture rapide) ont entraîné une plus grande activation d’un réseau de zones frontales associées à des processus stratégiques et de mémoire de travail (ainsi que des régions sensorielles visuelles ou auditives), que nous interprétons pour refléter le maintien de la cohérence locale entre les segments de passage brièvement disponibles. Les implications de cette recherche sont que le système cérébral s’adapte à des conditions de perception et de connaissance variables quand il s’agit de la compréhension des textes.

 

activation cerveau

 

Comprendre le langage


La compréhension du langage implique l’interaction de plusieurs types de processus différents, y compris des processus cognitifs de niveau inférieur tels que les analyses phonologiques et lexicales, et des processus cognitifs de niveau supérieur tels que l’inférence et l’intégration inter-phrase (Mason & Just, 2013).

Elle repose donc sur une combinaison de processus locaux, au niveau des mots et des phrases (cohérence locale), et de processus plus globaux, au niveau du texte (cohérence globale).

Le maintien de la cohérence locale implique de faire des associations entre des unités d’information plus petites dans le passage du texte (mots et phrases) ainsi que de surveiller les transitions cohérentes d’une clause à l’autre.

En revanche, le maintien de la cohérence globale implique d’établir des associations entre les idées du texte et un thème général. Les processus de haut niveau d’inférence et d’intégration des informations du discours dépendent particulièrement de la connaissance préalable du contenu du texte.

Les processus d’inférence aident à établir une cohérence globale en mettant en relation l’information contenue dans le texte avec une connaissance préalable (Graesser, Singer, & Trabasso, 1994 ; Kintsch & Dijk, 1978 ; Long & Prat, 2008 ; Long, Wilson, Hurley, & Prat, 2006).

Plus un lecteur possède de connaissances préalables sur le sujet d’un passage, plus il est probable qu’il pourra se souvenir des informations contenues dans le texte (Bartlett, 1932 ; Bransford & Johnson, 1972 ; Long & Prat, 2002 ; Long et al., 2006).

De nombreuses études d’imagerie cérébrale ont montré que ces processus de haut niveau sont sous-tendus par une combinaison de réseaux corticaux qui favorisent l’intégration de l’information et la compréhension ( Mason & Just, 2006, 2011 ; Prat, Mason, & Just, 2011). L’un des objectifs de la présente étude était d’étudier ces processus cognitifs de haut niveau associés à la lecture et à la compréhension auditive de passages de textes portant sur des sujets plus ou moins familiers aux participants.

L’étude visait à contribuer à la compréhension des processus cognitifs de haut niveau qui sous-tendent la compréhension de différents types de passages.

Un autre aspect important de la compréhension est la charge de travail cognitive et cérébrale qu’elle implique. Par exemple, la charge de travail associée aux processus de compréhension peut être influencée par la pression du temps pour lire un passage.

Lecture rapide et compréhension


L’étude a également examiné les processus cognitifs de haut niveau associés à cette pression temporelle pour la compréhension d’un texte ; nous avons simulé des situations de lecture et d’écoute rapides en accélérant la présentation des informations visuelles et auditives.

La lecture rapide est un type de lecture habile dans lequel les lecteurs tentent d’augmenter leur taux de lecture sans perte de compréhension correspondante.

Cependant, lire plus vite peut entraîner non seulement une diminution de la compréhension, mais aussi une plus grande consommation de certains types de ressources mentales.

La lecture rapide peut exiger des lecteurs qu’ils adoptent des stratégies de compréhension qui troquent la précision de la compréhension contre la vitesse (Just & Carpenter, 1992).

Les premières études sur les fixations des yeux pendant la lecture rapide ont montré que les lecteurs rapides sautaient de grandes parties du texte et que leurs fixations des yeux suivaient un chemin différent du chemin traditionnel de gauche à droite des lecteurs anglais normaux (McLaughlin, 1969 ; Taylor, 1962).

comment lire plus vite

Just et Carpenter (1992) ont constaté que les lecteurs rapides entraînés comprenaient mieux les informations de haut niveau que les lecteurs rapides non entraînés, mais seulement lorsque la lecture rapide portait sur un texte traitant d’un sujet familier.

Les lecteurs rapide entraînés étaient plus aptes que les lecteurs rapides non entraînés à utiliser leurs connaissances antérieures pour combler les lacunes d’information qui surviennent pendant la lecture rapide (Just & Carpenter, 1992).

(D’ailleurs j’ai créé une formation appelée Boosteur d’Excellence dans laquelle il y a un module complet sur la lecture rapide. En quelques heures, vous pourrez connaître toutes les techniques pour savoir lire rapidement tout en ayant un taux de mémorisation supérieur à 80%.)

Ainsi, la lecture rapide peut évoquer des stratégies qui se concentrent sur la cohérence globale au détriment de la cohérence locale, mais ces stratégies ne peuvent être efficaces que pour les sujets familiaux.

Des lecteurs non formés, confrontés à la tâche inédite de la vitesse pourrait s’appuyer davantage sur les processus de contrôle exécutif.

Dans une étude (IRMf ) portant sur des lecteurs rapides entrainés et non entrainés, l’activation du gyrus frontal inférieur gauche par les lecteurs rapides entraînés (LIFG, ou Broca’s Area) et le temporal postérieur supérieur gauche gyrus (zone de Wernicke) a diminué pendant l’activité de lecture rapide, en comparaison avec une lecture normale (Fujimaki, Hayakawa, Munetsuna, & Sasaki, 2004). Selon les auteurs, les résultats suggèrent que les lecteurs rapides formés contournent les processus phonologiques pendant la lecture de la vitesse.

[…]

 

Effets de la lecture et de l’écoute rapides sur l’activation du cerveau


L’augmentation de la vitesse de présentation a entraîné une activation accrue de la compréhension orale et écrite. Le gyrus frontal inférieur gauche était plus actif pour la lecture rapide que pour la lecture d’un texte présenté à un rythme normal. Pour l’écoute rapide, une présentation plus rapide de la parole a entraîné une activation accrue dans le lobe inférieur bilatéral du pariétal, et dans les lobes supérieurs et médians du front.

Bien que ces régions soient différentes, aucune d’entre elles n’a survécu aux modalités de croisement direct. Il se peut que les régions activées lors de la présentation rapide, bien que situées dans des endroits différents, aient été reflective de demandes supplémentaires sur les processus de la mémoire de travail phonologique pour le maintien des informations présentées visuellement.

 

 écoute rapide

L’activation des parties bilatérales du pariétal et du lobe frontal a déjà été associée au maintien de l’information sous forme aphonologique (Newman, Just, & Carpenter, 2002 ; Petrides,1995). […]

Bien que l’accélération de la parole ait modifié le signal acoustique à l’écoute d’une manière qui accélère la réponse au stimulus visuel en lecture, comme le montrent les résultats, la comparaison entre les modalités peut être significative. Par exemple, les participants ont pu maintenir un niveau élevé de compréhension dans les deux modalités (93% en lecture, 88% en écoute).

Deuxièmement, les résultats obtenus pour la lecture rapide et l’écoute rapide ont en commun d’avoir tous deux entraîné une activation dans les zones d’association correspondantes du cerveau : zones visuelles secondaires (lobe occipital et lobe temporal inférieur) pour la lecture et zones auditives secondaires (lobe temporal supérieur) pour l’écoute.

Le taux de présentation plus élevé (information par unité de temps) a entraîné une augmentation du signal dépendant de l’activité, du niveau d’oxygénation du sang, mesuré dans les cortex d’association sensorielle correspondants pour les deux modalités.

 

Pour voir l’intégralité de l’étude cliquez ci-dessous :

https://www.academia.edu/16673115/Modulation_of_cortical_activity_during_comprehension_of_familiar_and_unfamiliar_text_topics_in_speed_reading_and_speed_listening

 

Notes de bas de page :

Mason et Just (2013) : Identifying component discourse processing from their fMRI time course signatures. In M. A. Britt, S. R. Goldman, & J.-F. Rouet (Eds.), Reading-from works to multiple texts (pp. 147–159). New York: Routledge

Graesser, Singer et Trabasso (1994) : Constructing inferences during narrative text comprehension. Psychological Review, 101(3), 371–395

Kintsch et Dijk (1978) : Psychological Review (5)

Long et Prat (2008) : Individual differences in syntactic ambiguity resolution: Readers vary in their use of plausibility information. Memory & Cognition, 36(2), 375–391.

Long, Wilson, Hurley et Prat (2006) : Assessing text representations with recognition: The interaction of domain knowledge and text coherence. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 32(4), 816–827

Bartlett (1932) : Remembering: A study in experimental and social psychology. Cambridge : Cambridge Univ. Press.

Bransford et Johnson (1972) : Bransford-Johnson-1972-context-andmemory.pdf. Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior, 11, 717–726

Mason et Just (2006) : Neuroimaging contributions to the understanding of discourse processes. In M. Traxler & M. A. Gernsbacher (Eds.), Handbook of psycholinguistics (pp. 765–799). Amsterdam : Elsevier.

Prat, Mason et Just (2011) : Individual differences in the neural basis of causal inferencing. Brain and Language, 116(1), 1–13

Just et Carpenter (1992) : Speed reading. In M. A. Just & P. A. Carpenter (Eds.), The psychology of reading and language comprehension (pp. 425–452). Newton: Allyn and Bacon.

McLaughlin (1969) : Reading at impossible speeds. Journal of Reading, 12, 449ff.

Taylor (1962) : An evaluation of forty-one trainees who had recently completed the ‘‘Reading Dynamics’’ program. In E. P. Bliesmer, & R. C. Staiger (Eds.), Problems, programs, and projects in college adult reading. Eleventh yearbook of the national reading conference. Milwaukee: National Reading Conference

Fujimaki, Hayakawa, Munetsuna et Sasaki (2004) : Neural activation dependent on reading speed during covert reading of novels. NeuroReport, 15(2).

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Steve expert et coach en lecture rapide

Steve, auteur de l'article

Steve est l’auteur du best-seller « Karma-Sutra ».
En tant qu’entraîneur de l’équipe nationale française de lecture rapide, son palmarès compte 3 médailles d’or d’affilée aux Championnats du Monde. Steve et sa formation « Boosteur d’Excellence » sont désormais les références mondiales dans l’apprentissage et la pratique de la lecture rapide.

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